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Le nombre Huit (2) et le Yi Jing, les carnets de JJS, page 65



les carnets de JJS, page 65


Le nombre Huit (2) et le Yi Jing


Le Livre des Changements, le Yi Jing, du haut de ses trente-cinq siècles, est la référence tutélaire de la civilisation chinoise. Né avec les pratiques oraculaires archaïques, il est encore là en tant que fondement de la pensée et des psychés extrême-orientales. Son symbolisme inhérent a gagné les rives des terres occidentales, ne serait-ce qu’avec le symbole du yin yang, largement diffusé, mais souvent bien mal compris.

On connaît le début du Yi Jing avec sa traduction mot à mot :


Tao sans le nom,

Tao avec un nom,

Yin Yang.


Osons une phrase en français pour conceptualiser cette introduction fondamentale :

L’unité émerge du non-exprimé pour engendrer la dualité.

La conception bipolaire du réel naît de cette fulgurante « entrée en matière ». Remontons en amont en nous écartant de laborieuses formules. On est avant l’apparition de l’écriture, on représente le yang comme un trait continu et le yin comme un trait discontinu.


De leurs combinaisons va apparaître un tissage qui sera une somme inépuisable de symboles pour envisager le réel.


Première étape : on peut les assembler en les couplant, et on a ainsi quatre possibilités. On dira grand yang pour deux traits continus, grand yin pour deux traits discontinus, petit yang pour un trait continu au-dessus d’un trait discontinu, et petit yin pour un trait discontinu au-dessus d’un trait continu.



Deuxième étape : pour aller vers le trois, l’étape suivante, on assemble les traits continus et discontinus trois par trois en les superposant selon tous les possibles. C’est assez rapide, car il n’y a que huit possibilités différentes. On les appelle les trigrammes, les huit trigrammes, en chinois ba gua (pa kua).



A plat, comme ça, cela n’a guère de sens, il convient de les « arranger », selon la belle expression de Marcel Granet*, dans leur matrice circulaire et on a ainsi le diagramme suivant :


On pourrait s’arrêter là, ce qui suffirait à notre étude comparative du nombre huit, mais, pour avoir une vue d’ensemble sur le Yi Jing, il faut aller jusqu’à l’étape finale qui procède de la combinaison de chaque trigramme avec chacun des autres. Ces mariages , comme aurait pu dire Pythagore, engendrent donc 8 x 8 possibles. On les appelle hexagrammes, et on les considère dans leur matrice circulaire pour un arrangement dans le diagramme suivant :



En reprenant notre décompte en continuité avec la page précédente consacrée au nombre Huit, on remarque que l’unité ne se conçoit que dans son dédoublement (le carré long dédoublement du carré-unité, le yinyang dédoublement du Tao avec un Nom). Le ternaire est ensuite la clé de l’ouverture de l’étape suivante avec les trois traits superposés des trigrammes. L’étape suivante est celle du passage au huit : les huit trigrammes.


Et le carré de 8 nous conduit vers le 64. C’est le nombre des hexagrammes.

Leur répartition est ordonnée en un cercle où le trigramme du haut aux trois traits continus s’appelle qian, c’est-à-dire le Ciel, tandis que celui du bas s’appelle kun, c’est-à-dire la Terre.


Ce schéma représente la totalité de la manifestation, structurée autour d’un centre vide, une circonférence uniforme mais cependant axée verticalement entre une limite supérieure, le Ciel et une inférieure, la Terre.

Nous verrons les nombreuses analogies et correspondances qui font de cette représentation symbolique un diagramme universel (tentons le mot !)


JJ Sagot


* Marcel Granet, La pensée chinoise, La Renaissance du Livre, 1934, p.115

*Illustration : Yi Jing en chinois



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