Le Bouvier et la Tisserande, les carnets de JJS, page 73
- Jean-Jacques Sagot
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les carnets de JJS, page 73
Le Bouvier et la Tisserande
La mythologie grecque voit beaucoup de choses dans le Ciel, on vient de le voir, mais les autres traditions ne sont pas en manque. Rien d’étonnant quand on pense que le Ciel fut le seul grand livre ouvert aux yeux de nos lointains ancêtres, pendant des millénaires !
La tradition chinoise n’est pas en reste et avant de chercher des appariements entre celle-ci et l’occidentale, impossible de ne pas s’arrêter à l’un des contes les plus fameux de la mythologie chinoise : celui du Bouvier et de la Tisserande, Niulang & Zhinu.
Ce mythe est bien vivant, encore de nos jours, car c’est la fête des amoureux, la Saint Valentin chinoise, dit-on. Pourquoi ? Vous allez comprendre, en écoutant le récit :
Il était une fois, au royaume des Cieux, un Empereur qui gouvernait le Ciel et la Terre. L’Empereur Céleste avait sept filles qui vivaient auprès de lui. La plus jeune avait pour tâche de tisser les nuages, c’est pourquoi on l’appelait la Tisserande.
Un jour, les sept filles du ciel descendirent sur terre pour se baigner dans l’eau d’une rivière. Un jeune bouvier, comme chaque soir, y menait à boire ses buffles après leur dure journée de labeur. Dès qu’il vit la jeune tisserande, il en tomba amoureux. Le plus vieux buffle de son troupeau, doué de parole, lui conseilla de s’emparer de la robe en or de l’héroïne, qu’elle avait laissé près d’un saule. A la vue du jeune garçon, les sept sœurs se dépêchèrent de se rhabiller pour remonter au plus vite dans leurs cieux. Mais la jeune tisserande ne retrouva pas sa robe et resta dans l’eau. Elle comprit la ruse du jeune homme et le supplia de lui rendre son habit. Celui-ci consentit mais lui fit promettre de l’épouser. Elle accepta, séduite par l’amour pressant du héros.
Ils se marièrent, vécurent heureux et eurent deux enfants, un garçon et une fille. Toute la journée, il labourait la terre avec sa charrue et elle tissait sur son métier à tisser.
Mais l’Empereur ne toléra pas que l’une de ses filles, toutes vouées à la vie céleste, ai désobéi et préféré un bonheur terrestre. Il la fit quérir pour qu’elle revînt à la place qu’il lui avait destinée. La tisserande reprit alors son rang parmi les nuages.

Le bouvier et ses enfants se mirent alors en quête de leur femme et mère. Ils parcoururent terre et ciel, nuit et jour jusqu’au moment où ils arrivèrent au bord d’une rivière. Ils l’aperçurent, toute proche, sur l’autre rive. Ils s’apprêtaient à traverser les flots pour la rejoindre quand la femme de l’empereur, furieuse, déclencha une tempête qui éloigna à jamais les amoureux. Ainsi, le bouvier et la tisserande étaient condamnés à une séparation éternelle, de chaque côté des flots infranchissables.
L’empereur fut cependant ému par le chagrin des époux et de leurs enfants. Il leur permit alors de se retrouver une fois par an et commanda aux pies célestes de construire une passerelle éphémère pour réunir bouvier, tisserande et leurs enfants.
Depuis, ce jour-là, tous ceux qui lèvent le regard vers la voûte étoilée peuvent y contempler les deux constellations du Bouvier et de la Tisserande, de chaque côté de la Voie Lactée. Près du Bouvier, on remarque deux petites étoiles, les enfants, bien sûr. Ceux qui regardent avec suffisamment de patience peuvent même apercevoir la passerelle qui enjambe alors la Voie Lactée.
On tentera quelques commentaires lors de prochaines pages.
JJ Sagot










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